LesChamalous.be fédèrent une soixantaine de petits commerçants

Pratique
Par Olivier Fabes · 20/02/2015

La face la plus visible des Chamalous, une tribu créée à Leuze (près de Namur) début 2012, c’est une carte, à la fois de paiement et de fidélité, qui permet aux parents “chamaliens” de bénéficier d’une remise de 10% (directe) sur tout achat dans le cadre d’une liste de cadeaux (naissance, mais pas uniquement) déposée parmi la soixantaine de commerçants et prestataires affiliés. Cela va du magasin de jouets, à la boutique de vêtements, en passant par la massothérapeute.

Mais en plus de vouloir réinventer la liste de naissance et la liste de cadeaux pour enfants “au profit de commerces de proximité authentiques et en offrant plus de liberté”, LesChamalous.be se voit comme une plate-forme web proposant divers services: “Nous combinons en fait trois plates-formes: une plate-forme qui permet aux commerçants – des indépendants ne l’oublions pas ! – de gérer eux-mêmes leurs pages, leur catalogue et leur marque sur notre site.

Une plate-forme pour les parents, qui peuvent non seulement publier une liste, mais l’agrémenter de photos et de discussions un peu comme sur une page Facebook. Et enfin, une plate-forme de paiement qui lie les achats en ligne à la carte de paiement détenue par les parents,” résume Nancy Claire Vermeire, la cofondatrice des Chamalous, avec son mari.

La carte de paiement repose sur une technologie de porte-monnaie électronique développée par la société française HiPay, “la seule à avoir bien voulu se lancer avec une petite structure comme la nôtre”. Cette carte a l’avantage d’être compatible avec tous les terminaux en Belgique. Les parents peuvent donc payer directement avec cette carte chez les différents affiliés.

Les Chamalous travaillent aussi avec l’intégrateur bruxellois Loyaltek pour ce qui touche à l’infrastructure de paiement. Pour le reste, le site a été développé par Wavenet, une société de services informatiques de l’autre Leuze (en Hainaut).

L’appétit vient en mangeant…

Les Chamalous se rémunère en prélevant une commission de 10% auprès des commerçants. “En échange, nous venons avec une solution qui leur apportent une visibilité sans imposer la moindre charge administrative,” insiste la cofondatrice.

Nancy Claire Vermeire : “Les commerçants obtiennent un premier référencement sur le web grâce à nous et ne veulent pas en rester là.”

“Plusieurs commerçants qui nous avaient rejoints alors qu’il n’avait pas de site web – nous demandons simplement d’avoir au minimum un blog ou une page Facebook – en ont un entre-temps,” observe Nancy Claire Vermeire, pointant ainsi un effet d’entraînement positif. “Ils obtiennent un premier référencement sur le web grâce à nous et ne veulent pas en rester là.” 

L’entreprise se voit comme un canal complémentaire aux sites web propres des commerçants, justement pour l’e-commerce car “très peu de petits commerçants ont une boutique en ligne, même un site Prestashop. La vente en ligne représente un investissement logistique que peu peuvent se permettre. Je connais un commerce qui a fait faillite en misant trop sur l’e-commerce.” D’où l’intérêt de se regrouper pour exister aussi sur le web, dans un secteur à faibles marges où le nombre de faillites a sensiblement augmenté ces dernières années.

LesChamalous.be était récemment finaliste du concours “une idée en or” organisé par SudPresse.

Petits mais un peu plus visibles

Monique Wienders, la fondatrice de Cangurito, une ligne de vêtements et accessoires pour bébés prématurés (7 points de vente en Wallonie), est affiliée aux Chamalous depuis un an.  Avec très peu de retours sonnants et trébuchants pour l’instant – ce qui n’est pas, en soi, un problème puisque l’investissement est somme toute limité (une commission de 10% sur chaque vente).

“Un réseau de proximité comme les Chamalous est intéressant pour moi car sur un marché très spécialisé comme le mien, tous les canaux sont bons pour se faire connaître.

“Depuis trois ans, je fonctionne essentiellement grâce au bouche à oreille. J’ai investi dans du référencement sur Internet et viens d’ouvrir une nouvelle boutique en ligne, mais cela tarde à se traduire en ventes. Rejoindre un réseau de proximité comme les Chamalous est intéressant pour moi car sur un marché très spécialisé comme le mien, tous les canaux sont bons pour se faire connaître. D’autant plus que les grandes marques s’intéressent de plus en plus à ce segment.”

Cangurito est également en pleine exploration de la plate-forme d’e-commerce par vidéoconférence Teasio (relire l’article que nous lui avons consacré), ayant déjà réalisé 3 ‘visio-ventes’.

Laurence Niclaes, massothérapeute, ne recherchait pas spécialement à accroître sa notoriété, étant déjà bien connue en région namuroise. Mais elle a été séduite par le concept de mise en réseau. “J’aime leur idée de promouvoir les petits commerçants et de créer des liens entre indépendants dans un secteur où il y a énormément de faillites. J’ai moi-même, grâce aux Chamalous, trouvé une boutique de puériculture dont j’utilise et recommande les porte-bébés.”

“Nous avons à peine un an. Les Chamalous nous aident à faire nous connaître notre magasin, en nous  intégrant dans un réseau de plus en plus dynamique, qui n’en est qu’à ses débuts,” explique Bernard Brabant, le patron du P’tit Rêve, à Uccle. Ce magasin de jouets, livres et objets de décoration pour enfants va lancer un site “vitrine” d’ici quelques semaines, n’ayant pour l’instant qu’une page Facebook. Les Chamalous.be lui ouvre une porte vers l’e-commerce, indirectement et à moindre frais. “Nous comptons développer davantage notre catalogue sur les Chamalous. Mais en-dehors de cela, nous osons croire qu’il est encore possible d’exister uniquement ‘offline’. Nous aurions de toute façon un problème logistique – manque de place – si nous devions vendre en ligne nous-mêmes.”