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Kubernetes: 55.000 développeurs (dont 664 belges) après 5 ans

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Par Jean-Luc Manise · 02/07/2019
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Fin mai, la CNCF (Cloud Native Computing Foundation) organisait son “événement-causerie” international KubeCon à Barcelone. L’occasion pour les participants d’y découvrir les nouveautés mais surtout de resserrer les liens de la communauté des développeurs open source Kubernetes.

Né dans les murs de Google, ce système d’automatisation de déploiement de conteneurs d’applications (1) est devenu open source en 2014. La communauté Kubernetes belge compte quelques 664 “Kubbernauts”, si l’on se base sur la liste des membres de ses événements MeetUp.

L’événement de Barcelone était l’occasion pour nous découvrir cet univers bien spécifique ainsi que ce qui motive Josué Motte, l’un de ces Kubbernauts belges, utilisateur mais aussi formateur… 

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Commençons par une petite présentation. Kubernetes se définit comme un “système open source qui vise à fournir une plate-forme permettant d’automatiser le déploiement, la montée en charge et la mise en œuvre de conteneurs d’application sur des grappes (clusters) de serveurs.”

C’est en 2014 que Google rend son projet Kubernetes open source. En 2018, le géant des moteurs de recherche en confie le pilotage opérationnel à la Cloud Native Computing Foundation (CNCF), le tout assorti d’un chèque de 9 millions de dollars. C’est donc la Fondation qui coordonne dorénavant le développement, la maintenance, la distribution et surtout la certification des services K8s. 

En tout juste cinq ans, les projets Kubernetes ont réussi à fédérer plus de 55.000 développeurs- contributeurs. Selon le bureau d’étude Redmond, la plate-forme est utilisée par plus de la moitié des entreprises du Fortune 100 pour la gestion de leurs clouds privés et publics.

Selon Dan Kohn, directeur exécutif de la CNCF, la Fondation soutient 86 projets, dont 38 articulés et certifiés autour de Kubernetes. La fondation compte plus de 400 membres, dont une petite centaine d’utilisateurs finaux. Ceux-ci bénéficient, grâce au programme de certification et de conformité de la CNCF et toujours selon Dan Kohn, d’une totale réversibilité des données.

C’est ce qui explique que K8s soit aujourd’hui devenu l’un des standards – sinon la norme – pour les environnements multi-cloud (centres de données cloud et acteurs privés) et hybrides (infrastructures distribuées dans le cloud et sur site).

L’avantage? “Une application peut très rapidement être transférée et montée d’un opérateur cloud vers un autre. Kubernetes présente d’autres intérêts pour la communauté des développeurs. K8s leur permet de se concentrer sur la façon dont les applications doivent fonctionner, plutôt que sur des détails spécifiques d’implémentation. Last but not least: chaque application a son autonomie et dispose d’un cycle de vie indépendant des autres, accentuant sa portabilité.”

Grand’messe et communion

Après Londres, Berlin et Copenhague l’année dernière, c’est à Barcelone que la CNCF avait décidé d’organiser, fin mai, son événement-causerie KubeCon (à noter que le “con” fait référence au concept de “container”) à l’intention de cette myriade de développeurs. L’objectif: les faire se rencontrer autre part que sur un écran et partager leur expérience.

Les clouds les plus courus lors du salon? Sans conteste: Amazon, Ali Baba, Baidu, Google, IBM et Tencent. Rien que du beau monde…

Et L’Europe dans tout ça? Un Européen était présent et bien visible lors du KubeCon: en l’occurrence, OVH qui  y a annoncé la disponibilité de la distribution K8s sur tous ses environnements cloud, en partenariat avec Platform9.

OVH proposait déjà Kubernetes pour son offre gratuite de cloud public. Dorénavant, il est possible aux clients d’installer une distribution Kubernetes sur l’ensemble des solutions du français: cloud public, privé ou bare metal. La raison de son choix: “la transparence et la portabilité”. Sa collaboration avec Platform9 doit améliorer les capacités de production, de mise à niveau à distance, les opérations multi-cluster, la sécurité et la haute disponibilité du numéro 1 européen du cloud.

Tendances: Knative et developer friendly

Parmi les extensions de Kubernetes très en vogue sur le salon, il y avait incontestablement Knative de Google, déjà adopté par IBM, SAP et Pivotal qui ont annoncé leurs propres offres commerciales. La filiale de Big Blue, Red Hat, intègre Knative à sa plate-forme d’applications Openshift tandis que SAP en fait de même pour son projet Kyma.

Plus largement, le salon Kubecon / CloudNativeCon 2019 semble avoir confirmé que l’heure de l’OS open source, hybride, multi-cloud et multi-environnement, garant de la portabilité et de la réversibilité, a sonné. Reste la complexité de l’environnement K8s, rébarbatif pour beaucoup… De nombreuses voix se sont faites entendre pour un environnement plus “développeur friendly”, surtout au moment de souffler la cinquième bougie du gâteau d’anniversaire…

664 “Kubernauts” belges

En Belgique, le site Meetup recense une communauté de 664 “kubernauts”. Elle a ses inconditionnels, ses programmeurs déjà chevronnés et ceux qui découvrent l’univers Kubernetes.

Josué Motte est l’un de ceux qui mettent leurs connaissances au service de la formation des petits nouveaux.

Josué Motte, programmeur et formateur Kubernetes.

Après avoir suivi un bacchalauréat en informatique et système à la Haute Ecole Louvain en Hainaut et une année de passerelle en Sciences informatiques à l’Université de Namur, Josué Motte suit un stage en automatisation à l’Intercommunale du Brabant Wallon, puis est engagé comme analyste infrastructure chez Accenture.

Après quelques années au poste de spécialiste infrastructure, il a rejoint la société de formation Hackages (orientée logiciels open source) où il officie en interne en tant qu’administrateur système tout en donnant des formations et des sessions de coaching.

Pour lui, le déclic Kubernetes s’est produit au Fosdem 2015 à l’ULB. 

Josué Motte: “J’utilise la logique de conteneurs depuis 8 ans maintenant. Cette technologie date des années 2000. Elle a été notamment popularisée par le projet LinuxContainers.org. Il faut voir un conteneur comme une enveloppe qui contient l’application d’un logiciel dans une boîte invisible avec tout ce dont il a besoin pour s’exécuter. Cela comprend le système d’exploitation, le code de l’application, le runtime, les outils système et les librairies.

C’est intéressant mais ce n’était pas très facile à configurer et à gérer avec les outils de l’époque. Quand, dans les années 2003-2004, Solomon Hykes a lancé la plate-forme open source de conteneurisation Docker, on s’est tous précipités. Les conteneurs Docker étaient légers, portables, faciles à orchestrer. Pour la communauté des développeurs, cela permettait de créer, déployer et exécuter facilement et efficacement des applications distribuées.”

Faciliter le déploiement et la maintenance

“Mais le véritable déclic s’est produit avec Kubernetes. C’est un gars de Google qui l’a présenté au Fosdem. On s’est rendu compte que cela allait régler tous nos soucis au niveau de la gestion des conteneurs. Même si elle était compliquée à configurer, l’interface Kubernetes nous facilitait énormément la vie en nous permettant de standardiser le déploiement.

Lorsque l’on se retrouve avec un petit millier de conteneurs, cela prend tout son sens. Par exemple, si vous voulez déployer une application sur tous les systèmes situés dans un quelconque pays, au Canada par exemple, vous pouvez le faire en une seule ligne.

A l’époque, c’était très difficile avec Docker. Maintenant, le produit a évolué et il est possible de combiner Docker et Kubernetes.”

Jousé a commencé à donner des formations Kubernetes, chez Hackages, depuis un an et demi, c’est-à-dire depuis que Hackages a décidé d’inclure Kubernetes dans son catalogue, estimant que la demande était suffisamment présente sur le marché belge.

Le centre propose à la fois des sessions gratuites et payantes. Pendant les trois heures de session gratuite, les participants découvrent l’environnement Kubernetes et apprennent à y installer et gérer des applications.

Les sessions payantes, d’une durée de deux jours, portent sur une initiation plus en profondeur de Kubernetes et de Docker (concepts et processus de “conteneurisation”, d’orchestration de conteneurs, dimensionnement …).

Les apprenants présentent différents profils: développeurs “full stack”, devops, architectes Web, purs dilettantes… “Le plus souvent, ce sont des administrateurs système et des développeurs qui comptent l’implémenter pour leur compte dans un futur proche”, explique Josué Motte. “On leur donne un aperçu de Docker et de Kubernetes et de la façon de les utiliser. On part de l’orchestration des conteneurs avec Docker Compose et on insiste sur les avantages de combiner Docker avec Kubernetes.”

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