Les snacks numériques du lundi – fintech, big data et élections US et shopping mobile

Hors-cadre
Par · 07/11/2016

Petite enfilade ludique et/ou décalée de ce qui se passe dans le secteur du numérique.

Cette semaine: l’amour-haine entre banques et start-ups fintech ; le big data au service de la campagne de Trump ; l’e-shopping sans-filet.

A déguster en toute décontraction…

Sommaire

La mutation numérique des banques les rapproche des start-ups

Partout dans le monde, les banques poursuivent, chacune à sa manière, leur “transformation numérique”. Une tendance lourde semble devoir être leur volonté croissante de ne plus voir uniquement une menace dans le chef des start-ups “fintech” mais aussi et parfois surtout des alliées potentielles.

La menace de nouveaux concurrents (jeunes fintech, opérateurs télécoms, grandes enseignes du retail, GAFA…) est perçue de manière de plus en plus sensible.

Lors d’une enquête récente d’Infosys menée à l’échelle mondiale auprès de 158 banques opérant dans 56 pays, plus de la moitié des banques interrogées considèrent cette “menace” comme “significative”.

Près de trois-quarts d’entre elles estiment désormais que les start-ups sont leur meilleure chance d’adopter des technologies de rupture. 41% des banques interrogées disent en faire des fournisseurs, 32% investissent directement dans de jeunes pousses et 27% ont mis sur pied des accélérateurs ou des incubateurs de start-ups.

Principal obstacle à leur transformation numérique: leurs anciens environnements IT, bien plus qu’un manque d’expertise.

Les principales technologies “de rupture” qu’elles identifient? le big data et l’analytique (79% des réponses), les solutions mobiles et les “wearables” (75%), les API ouvertes (69%). Dernier chiffre: 20% des institutions envisagent de lancer une banque purement numérique.

Source: EdgeVerve Systems, filiale d’Infosys. Le rapport de cette étude peut-être téléchargé via ce lien.

Retour au sommaire

 

Micro-ciblage électoraliste

Les équipes de campagne des deux principaux candidats à l’investiture présidentielle américaine font une grosse consommation de big data et d’outils analytiques pour tenter de faire pencher la balance des électeurs en leur faveur.

Les démarchages de porte-à-porte des partisans d’Hillary Clinton s’appuient par exemple sur des profils indiquant si tel ou tel individu est un Démocrate convaincu (dans ce cas inutile de perdre son temps à aller frapper à sa porte) ou peut être “converti”.

Dans le camp d’en face, l’équipe de Donald Trump a fait appel à une société… britannique spécialisée dans l’analytique et le micro-marketing afin de tenter de ramener vers le candidat républicain des électeurs pro-Clinton ou indécis. Cambridge Analytica, basée à la fois à Londres et à Washington, combine des techniques de micro-ciblage et de profilage psychologique pour faire en sorte que les publicités électorales que visionneront les internautes correspondent le plus possible à leur personae, voire à leurs traits de caractère et penchants réellement personnels.

Chaque “profil” est mouliné sur base de quelque 5.000 données collectées au sujet de l’individu. Elles le sont non seulement de manière subreptice (préférences électorales passées, comportement d’achat, émissions regardées à la télévision…) mais aussi au travers d’un… test de personnalité, publié généralement sur les réseaux sociaux. Cambridge Analytica en déduit des traits de caractère (ouvert, introverti, sympathique, émotif…).

Selon CNN, ces tests de personnalité ont été menés sans que la finalité en soit expliquée. Nombre d’Américains ont donc sans doute consenti à l’exercice sans savoir que les résultats en seraient croisés avec des données personnelles et qu’ils serviraient à leur proposer des spots ou messages Trump-istes plus à même de les convaincre…

La même société Cambridge Analytica avait également travaillé pour le candidat républicain Ted Cruz lors des primaires. Elle a fourni à CNN un exemple de la manière dont les messages publicitaires, postés sur les réseaux sociaux, s’adaptaient en fonction de la cible. Un électeur considéré comme “traditionaliste stoïque” (apprécie la solitude, est plutôt casanier et a tendance à la modestie) avait droit à une publicité où Ted Cruz apparaissait seul, avec le slogan “keep calm and Cruz on”. Par contre un “leader décontracté” (sociable, généralement optimiste, sensible aux émotions des autres) se voyait proposer un spot où Ted Cruz apparaissait entouré de sa famille, avec comme slogan “our best days are ahead.”

160 segments (ou profils) d’électeurs avaient ainsi été scénarisés.

Notons encore que cette même Cambridge Analytica avait travaillé, en Angleterre, pour la campagne pro-Brexit Leave.EU.

Retour au sommaire

 

Des achats mobiles bien peu privés

Vous utilisez des applis mobiles Android pour faire des achats en-ligne? Sachez que la majorité de celles qui figurent dans le Top 60 des plus populaires collectent sans vergogne vos informations personnelles en déclenchant des trackers.

Pire pour la sécurité de vos données: la quasi totalité (96%) des 60 premières applis ne chiffrent pas les transferts de données lors de leur petit voyage entre votre smartphone ou tablette et les serveurs des éditeurs de ces applis.

En jeu, pas tellement la liste de vos achats – passe encore – mais plutôt les numéros de carte de crédit, de compte bancaire, qui pourraient ainsi être captés par des hackers via des connexions non sécurisées, par exemple des réseaux WiFi publics.

Conseils pour sécuriser ces appareils? Installer des navigateurs sécurisés (ou mis à jour fréquemment), recourir à des solutions de cadenassage des données et identifiants, ou encore à des solutions d’authentification à deux facteurs, autoriser les mises à jour automatiques des logiciels.

Source: Opera Max (Oslo).

Retour au sommaire