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Kodo Wallonie: de la troisième maternelle jusqu’au supérieur

Pratique
Par · 06/06/2018
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Dodo Wallonie, logo, CoderDojoFin d’année dernière, Kodo Wallonie qui avait animé jusque là plusieurs “clubs” d’initiation à la programmation (à Mons – club qui relevait en fait de CoderDojo Belgium -, Liège, Charleroi et Louvain-la-Neuve), passait la main à CoderDojo Belgium qui venait de se trouver une figure de proue (Muriel De Lathouwer, EVS) et une aide régionale pour étendre son réseau en Wallonie. Plus de détails dans cet autre article de notre dossier.

Kodo Wallonie, pour sa part, continuait son petit bonhomme de chemin sous l’étendard de l’initiative régionale WallCode et se concentrait sur des activités complémentaires à celles des CoderDojo. L’asbl pilote ainsi la semaine WallCode, animera des ateliers d’initiation à l’informatique au sein-même des écoles, en ce compris pendant les congés scolaires, et vise par ailleurs d’autres profils et groupes d’âge que les jeunes enfants – en ce compris, potentiellement, les seniors. Relire notre article de novembre dernier à ce sujet. CoderDojo & Kodo Wallonie: “non, nous ne sommes pas redondants”

“Le gouvernement nous a reconduit sa confiance et a libéré un nouveau budget nous permettant d’opérer avec deux équivalents temps plein alors que je devais opérer seule jusque là”, explique Céline Colas. “Notre rôle, désormais, est de travailler au maximum au niveau des écoles, d’être présents dans toute la Wallonie.”

Toutes les tranches d’âge seront visées par ses activités d’animation, de sensibilisation et d’apprentissage – “depuis la troisième maternelle jusqu’au supérieur pédagogique, où nous contribuerons à pré-former les futurs enseignants.”

Voilà bien un champ d’intervention qui paraît démesuré par rapport aux moyens disponibles (trois personnes mais à mi-temps, qui ne représentent en réalité que deux équivalents temps plein). “Nous ne dirions pas non, évidemment, si nous pouvions être 4 ou 5 personnes. Répondre à la demande potentielle de quelque 3.000 écoles est compliqué mais il faut bien se rendre compte que de nombreuses écoles primaires et secondaires ne se disent pas intéressées par notre action. Il s’en trouve aussi qui ont pris les devants, dont les professeurs organisent eux-mêmes des activités de sensibilisation et d’apprentissage du numérique…”

Ce désintérêt des écoles trouve toutefois une autre explication moins encourageante: de la réticence ou un manque de prise de conscience. Sans compter le manque de temps. “Les écoles primaires s’avèrent les plus intéressées. C’est nettement moins le cas au secondaire…”

Bâton de pèlerin

Si la demande spontanée reste limitée, comment Kodo Wallonie compte-t-elle semer la bonne parole?

Au-delà d’une présence sur divers événements, tels que le Salon de l’Education, EduCode ou encore Evolutic, l’évangélisation et la sensibilisation passent pour l’instant essentiellement par des campagnes de mailings, pour proposer des animations. “60% des écoles primaires contactées ont réagi positivement…”

Ludique et programmable. Petit robot pour maternelle.

La nature et le contenu des animations et des ateliers proposés varient selon la tranche d’âge visée. De la deuxième maternelle au primaire, l’asbl a par exemple recours à des Bee-Bots, petits robots programmables en forme d’abeille, pour que les plus petits puissent apprendre à donner des ordres à ces robots en utilisant de simples boutons préprogrammés. Les enfants plus âgés ont eux droit à des robots Thymio, pour de réelles expérimentations. Un cran plus loin, on passe à de la création de jeux en Scratch, pour de l’initiation à la programmation et un travail en mode projet…

“Le type d’animations dépend aussi de la taille du groupe ou… de la disponibilité ou non de matériels. On s’adapte parfois sur le moment-même.”

Stock suffisant?

Pour ses animations dans les écoles, Kodo Wallonie estime avoir un stock de matériels relativement suffisant, financés par la Région via le projet WallCode. En l’occurrence, six robots, quelques cartes Arduino et des ordinateurs portables. S’y ajoutent divers ordinateurs reçus en don, du type ChromeBooks, PC Linux, quelques ordinateurs sous Windows pour le jeu sérieux Algobot…

Source: Thymie

“Six robots pour une classe de 20 ou 25, c’est évidemment un peu juste”, reconnaît Céline Colas, “même si les enfants travaillent toujours en binôme. Tous types confondus, nous disposons de suffisamment de matériels mais pas assez pour dédoubler” – autrement dit, difficile voire impossible, dans l’état actuel des choses, d’animer des ateliers dans plusieurs écoles en même temps.

Du renfort pourrait toutefois venir via un marché public lancé dans le cadre du programme wallon Ecole numérique. Kodo Wallonie pourrait alors emprunter du matériel supplémentaire, en puisant dans un pack comportant quelque 60 ordinateurs portables, 20 ou 30 Thymio et une dizaine de kits Arduino.

A la rentrée, Kodo Wallonie pourrait également (mais les deux parties doivent encore se mettre d’accord) récupérer le matériel que l’asbl a laissés à disposition des clubs passés sous la bannière CoderDojo. “Il avait été convenu qu’ils pourraient en disposer jusqu’en juin, histoire d’assurer la transition, en attendant que CoderDojo soit pleinement opérationnel”, déclare Céline Colas.

Avec l’aide de la Région

Le financement dont a bénéficié Kodo Wallonie, depuis ses débuts, lui vient exclusivement de la Région wallonne – octroyé tout d’abord par le Ministre Jean-Claude Marcourt, lorsqu’il était Ministre de l’Economie et du Numérique, relayé ensuite par Pierre-Yves Jeholet (qui a augmenté le budget). Pour l’instant, aucun contact n’a pu être noué avec le cabinet de Marie-Martine Schyns, ministre de l’enseignement obligatoire à la Fédération Wallonie-Bruxelles. La pérennité des activités, pourtant, pourrait passer par là. “Nous gardons l’espoir d’un contact, un jour, afin de pouvoir partager notre expérience de terrain.” Que ce soit ou non dans le cadre de la préparation du Pacte de l’Excellence…

Un dernier mot: sous la bannière de WallCode, Kodo Wallonie compte bien s’appuyer sur des partenaires tels que le Pass, les centres de compétences Technobel et Technofutur TIC, ou encore Interface3 Namur pour essaimer des activités, échanger des expériences et bonnes pratiques, être présent sur divers événements (Journée de la Famille, salon Evolutic…). Kodo Wallonie sera également partenaire du colloque EduCode (fin août).

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