Données (e-)santé: le “quantified self” toujours pas intégré

Hors-cadre
Par · 19/05/2016

Une étude américaine (“HealthMine Digital Health Report: The State and Impact of Digital Health Tools”), réalisée par Survey Sampling International auprès de 500 personnes, révèle que les promesses des données médicales générées par l’usager (amélioration des soins, suivi temps réel de l’état de santé, compléments d’informations, réactivité plus grande face aux risques sanitaires…) prendront encore du temps avant de se concrétiser.

C’est en tout cas la conclusion que l’on peut tirer à la lecture de certains résultats:

  • 42% des personnes qui récoltent, via divers dispositifs numériques, des informations sur leur état de santé estiment que ces données… ne servent à rien dans la mesure où personne ne les utilise
  • 46% déclarent que les données collectées par les dispositifs numériques dédiés aux soins de santé primaires (objets connectés, capteurs d’activités, applis d’e-santé…) ne sont pas exploitées par les professionnels de la santé pour alimenter leur trajet de soins et les décisions de traitement
  • Quelques chiffres

    Nombre d’applis santé (ou apparentées) disponibles pour équipements mobiles iOS ou Android: près de 165.000. Taux de chargements: 1,7 milliard d’ici 2017. Source: PWC.

    Nombre de traceurs d’activités vendus fin 2014: 10 millions ; de montres connectées vendues: 7 millions. Source: ABI Research (chiffres clôturés fin 2014).

  • les applis les plus utilisées sont celles de type fitness (50% des réponses); les moins populaires (pour rappel, il s’agit d’un sondage américain): celles qui permettent d’assurer le suivi d’une maladie, qui sont censées aider les fumeurs qui arrêter la cigarette ou encore les applis de télémédecine
  • 75% des personnes ayant participé à l’étude se disent prêtes à partager leurs données avec leur médecin
  • seulement 32% des utilisateurs d’applis e-santé signalent que le transfert de leurs données s’effectue automatiquement vers leur prestataire de santé
  • 60% des participants de l’étude ont un dossier médical électronique mais seulement 22% d’entre eux s’en servent comme ressource dans le cadre de la prise de décisions médicales
  • 39% des utilisateurs d’applis qualifiées d’e-santé (mais le fitness en fait partie, selon le périmètre défini par l’étude HealthMine)… avouent ne pas savoir ce qu’est – ou ne jamais avoir entendu parler de télémédecine !
  • parmi les 59% de participants qui disent souffrir d’un problème de santé chronique, seulement 7% utilisent un outil de gestion de la maladie.

Conclusion des auteurs de l’étude: “l’e-santé doit encore franchir le fossé séparant la gestion du cycle de vie et de la condition physique (fitness), d’une part, et la gestion globale de la santé et celle des maladies chroniques, de l’autre.”

Le recours à des outils d’e-santé au niveau des soins de santé primaires, pourrait générer 10 milliards de dollars d’économies annuelles aux Etats-Unis. Source: étude Accenture.