Les lauréats de la 7ème “bourse à projets” Mind & Market

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Par · 27/04/2015

La 7ème édition du Forum Mind & Market, cet événement de Louvain-la-Neuve, qui fait se rencontrer porteurs de projets, investisseurs, entrepreneurs et partenaires potentiels, fut l’occasion pour 75 projets, ce 23 avril, de se placer sous les feux de la rampe. Soit face à des jurys, soit autour de tables de discussion leur permettant de nouer un contact direct avec des interlocuteurs potentiellement intéressants pour la suite de leurs activités.

Parmi ces 75 projets, près d’une trentaine avaient trait ou utilisaient des solutions IT.

Les projets (orientées ICT/numérique) qui ont ‘pitché’ devant un jury étaient au nombre de 19. Ils avaient été rangés (comme les projets des autres secteurs d’ailleurs) en diverses catégories: stade de l’idée; néo-entrepreneur novice qui se cherche encore un fil rouge et un business model; projet devenu start-up, ayant déjà consolidé le scénario et balisé le modèle économique; start-up de plus de deux ans.

Les épinglés

Comme chaque année, le Forum a décerné un certain nombre de prix, proposés par les sponsors et membres des jurys. Nous ne retiendrons ici que ceux ayant une orientation IT/numérique plus ou moins marquée.

Les récompenses et prix décernés étaient fort variés, allant du droit d’accès (un an) aux espaces de co-working wallons à un stage assisté de prototypage au MIC de Mons, en passant par un ticket pour présenter gratuitement son projet lors d’une séance de BeAngels, une campagne de crowdfunding sur MyMicroInvest, ou encore un service d’analyse d’efficacité de leur site par Internet Vista.

Parmi les 9 projets orientés IT/numérique qui se sont présentés devant le jury estampillé MIC (Microsoft Innovation Center, Mons), trois ont décroché un prix. Pourquoi trois? “D’une part, parce que les projets présentés en sont à des stades d’évolution variable (parois au stade de l’idée) et, dès lors, difficiles à comparer. D’autre part, parce qu’il a été difficile de départager certains”, expliquait Xavier Bastin, directeur du MIC de Mons.

Les 3 lauréats?

  • Wooclap, une solution permettant d’infuser davantage d’interactivité lors d’événements en tous genres (réunion d’entreprise, conférence…) via des sondages, envoi de questions à l’orateur, partage de fichiers, concours, etc. par le biais de smartphones, de simples GSM (en mode SMS) ou de tablettes. La solution se destine aussi au monde de l’enseignement pour des tests et séances QCM en direct. Modèle économique: une licence par événement ou par mois, en fonction du nombre de participants.
  • Boomanjin: projet d’application mobile et d’espace en-ligne qui centralisera toutes les informations relatives à un voyage, accessible via tout équipement connecté (ordinateur, tablette, smartphone…).
  • Seerus Analytics: plate-forme d’analyse de données, visant à identifier et exploiter les “associations et interdépendances” entre données figurant dans un même référentiel. Objectif: de la segmentation de clients et prospects. La solution concentre les fonctions de collecte, d’analyse et, sur base des résultats, de promotion vers la cible.

Dans la catégorie “phase de création/start-up de plus de 2 ans”, les membres du jury ont retenu trois projets:

– Binnovart: un réseau social dédié au monde de l’art. Il s’agit en fait d’une galerie d’art en ligne mais formatée comme un réseau social (billets, publications, illustrations, dialogue avec la communauté), ouverte aux artistes, collectionneurs, galéristes et amateurs d’art. Binnovart se donne pour ambition de “rendre le marché de l’art plus accessible et d’offrir une initiation permettant de découvrir la partie immergée du monde de l’art, de mettre directement en contact artistes et amateurs.” On y trouvera à la fois des oeuvres (pré-sélectionnées par l’équipe de Binnovart, dont certains ont une expérience du domaine), des publications de professionnels, des contenus postés par des artistes. Une série de services, assurés par des partenaires, y seront associés: livraison des oeuvres achetées, produits de conditionnement pour la livraison… Modèle économique: le prélèvement d’une commission de 20% sur la valeur de l’oeuvre vendue mais surtout les abonnements et la monétisation des services associés. Binnovart a bénéficié d’un prix Boost Up/Industries créatives de la Région wallonne, prix que la start-up utilisera pour engager des renforts et passer à la phase de commercialisation. La version bêta publique est en ligne depuis ce 23 avril.

– Neveo: une solution destinée à permettre aux aînés, encore souvent réfractaires aux nouvelles technologies, de se reconnecter avec les modes de communications et d’échanges de leurs proches ou de la société. Ils continuent d’utiliser les moyens de communications qui leur sont familiers (télévision, téléphone) mais les échanges se font avec ceux plus “2.0” de leurs familles et amis (smartphone, tablette, ordinateur) via un décodeur qui joue les intermédiaires et convertisseurs de contenus électroniques (visioconférence, photos, vidéos, messages…).

Parmi les prix engrangés par Neveo: une prochaine campagne de crowdfunding sur MyMicroInvest.

– Autre lauréat: Ooverlab. La jeune société est l’auteur d’une plate-forme Internet, sorte de place de marché, sur laquelle les acteurs de la communauté scientifique peuvent trouver ou proposer des ressources et équipements (matériels de laboratoire, expertise scientifique, matériel biologique,… ). Toutes ressources coûteuses qui sont mises à disposition sous forme de location, de donation mais peuvent aussi être vendues. Objectif: jouer la mutualisation et alléger les budgets R&D. La solution en est actuellement au stade de la bêta.

Petite remarque importante concernant l’attribution des prix- de quoi sans doute réconforter tous ceux qui n’en ont pas reçus et dont le projet n’a pas démérité.

Les prix décernés, soulignons-le, ne sont pas forcément attribués aux projets les plus aboutis ou prometteurs ou aux néo-entrepreneurs les plus méritants. Certes, ce genre de critère entre en considération mais pour décrocher un prix, il s’agit aussi et parfois surtout d’être en adéquation avec ce que les sponsors (dont certains sont membres du jury) peuvent proposer comme avantages.

Des exemples? Une start-up orientée services n’aura que peu de chances de retenir l’attention du jury estampillé MIC, le centre d’innovation de Microsoft recherchant avant tout des projets à forte connotation logicielle/matérielle. De même, un projet qui, sans doute paradoxalement, est déjà bien évolué, repose sur une équipe, des compétences et ressources solides, ne décroche pas forcément un prix dans la mesure où ce prix est destiné à combler un besoin ou une lacune. “Certains projets sont déjà bien avancés et nous nous demandons alors ce que nous pourrions bien encore leur offrir”, déclarait par exemple Cédric Braem, patron d’Internet Vista, membre du jury “MIC”.