Facebook: If you don’t like the mirror, don’t break the mirror

Tribune
Par Claude Lepère · 28/09/2012

La CNIL [Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, équivalent français de notre Commission Vie Privée] enquête actuellement en France sur l’éventualité de failles chez Facebook. L’objectif de ces investigations est de déterminer si Facebook a bien rendu publics des messages privés. Le débat sur l’open internet et le respect de la vie privée est donc relancé.

Fin de l’année dernière, Loic Le Meur (voir la vidéo sur YouTube) interrogeait Eric Schmidt, CEO de Google, au sujet de la législation en Europe et sur la volonté des gouvernements d’encadrer, à juste titre, la vie privée des individus sur Internet. Eric Schmidt ironisait alors sur les réglementations qui empêchent la sortie de produits qui n’existent pas encore et ajoutait: “If you don’t like the mirror, don’t break the mirror.”

L’avènement du big data

La collecte d’informations personnelles va souvent de pair avec plus de confort dans l’utilisation d’Internet. Pour autant, certains utilisateurs fournissent parfois plus d’informations que ce que les plates-formes Web exigent pour accéder à leurs services. Ils remplissent librement leur profil d’informations personnelles comme s’il s’agissait de remplir une feuille d’examen.

L’avènement du big data stimule le développement de software et d’algorithmes qui visent une gestion plus efficace du volume de données produit via l’anticipation de la volonté et du comportement des individus (voire, à une échelle plus globale, via la prédiction de certains événements). Comme le rappelle l’écrivain Eric Sadin, le rapport au temps constitue un paramètre essentiel dans la course qui s’est engagée depuis plusieurs années avec le web prédictif (cf. à cet égard le document “La société de l’anticipation”).

Pour autant, la concrétisation physique d’une communauté Twitter d’entrepreneurs ressemble fort à un espace de coworking; une page événement sur Facebook peut être assimilée au bus qui emmènerait des jeunes en soirée. Bref, les comportements que nous adoptons sur les réseaux sociaux ont des répercussions dans la vie réelle. La désynchronisation qui peut exister entre la façon de se comporter dans la vie réelle et virtuelle est aussi source de failles informationnelles. Dans son post du 25 septembre dernier, la CNIL rappelle quelques réflexes de base pour s’en prémunir.

La vidéo la plus vue sur Internet dans le monde entier ces dernières heures

La protection des données se retrouve donc à la une de l’actualité, d’autant plus si on évoque les fraudes bancaires. Aujourd’hui, la campagne de Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, fait beaucoup parler d’elle sur les réseaux sociaux. Comme la CNIL avant elle, la Febelfin rappelle que la vigilance des utilisateurs reste la meilleure protection. L’originalité de la campagne de sensibilisation repose sur la réaction d’individus qui, pensant rencontrer un voyant, se retrouvent face à un acteur qui, via une oreillette, est en contact avec quatre personnes qui scrutent la vie de ces individus sur internet. Il s’agit uniquement d’informations laissées librement en ligne sur des sites publics.

Eloquent.

Claude Lepère

directeur de i-Cube Management, société de conseil en gestion des connaissances